Et si la thérapie n'était pas d'abord une question de réparation, mais de rencontre ?
Certaines thérapies arrivent avec la promesse de vous guérir vite, efficacement. Protocole, diagnostic, objectifs mesurables. C'est une certaine façon de concevoir la psychothérapie. Et pour certaines personnes, à certains moments, c'est exactement ce qu'elles viennent chercher.
Ce que je propose part d'un endroit différent : considérer la personne dans toute sa complexité. Ne pas isoler un problème de ce qui l'entoure — c'est presque une position éthique. C'est en tout cas celle qui est au cœur de ma pratique. Le street artist Banksy l'a dit mieux que n'importe quel manuel :
"If you paint outside, you don't need to paint a background, the world does that for you."
Il y a toujours une œuvre (figure) et un arrière-plan (fond). La Gestalt part de là. Il y a toujours une expérience, et un contexte. Un organisme, et un environnement. Rien n'existe isolément.
La Gestalt-thérapie, une approche humaniste
C'est de là que part la Gestalt-thérapie — on dit guéchtalt, « la forme » en allemand. Approche humaniste et holistique : elle ne regarde pas l'individu seul, isolé de tout, mais toujours en relation — avec les autres, avec son corps, avec le monde qui l'entoure.
Le travail se fait dans un cadre précis, pour soutenir plus de conscience, de liberté et d'autonomie dans la manière d'être au monde.
On dit souvent que c'est une philosophie de vie autant qu'une thérapie, parce qu'elle propose un renversement de paradigme : s'intéresser moins au diagnostic qu'à la façon dont une personne s'organise pour vivre.
Le symptôme comme réponse intelligente
Ce renversement change tout, y compris le regard sur ce qu'on appelle symptôme, résistance, comportement « problématique ». Dans cette approche, nous les considérons comme des réponses intelligentes à des situations particulières. Le corps a trouvé une façon de traverser ce qui était difficile. Cela a fonctionné ; vous a maintenu en vie, en lien, en relation. Ces réponses, souvent, le corps les a trouvées avant que la tête les comprenne — et c'est souvent là qu'elles vivent encore.
Ce n'est pas rien.
Le problème, c'est que ces ajustements continuent parfois à tourner longtemps après que la situation qui les a convoqués a disparu — comme des GIF en boomerang sans bouton pause. Et parfois, ils ne viennent pas seulement de notre histoire intime — ils viennent aussi de ce que le monde nous a demandé de porter, de taire, de supporter.
Comment plutôt que pourquoi
Ce qui me tient à cœur dans cette pratique, c'est quelque chose de plus modeste et, à mon sens, de beaucoup plus intéressant : regarder comment vous êtes là, maintenant, dans cette relation, dans votre corps. Non pas pourquoi vous êtes « comme ça » — le pourquoi donne parfois l'illusion du contrôle sans rien déplacer — mais comment. Comment vous vous organisez pour vivre. Comment vous entrez en relation avec les autres. Comment vous tenez.
Tenir, c'est déjà quelque chose.
Présente, pas neutre
Ici, je ne suis pas neutre. Je suis présente — engagée, traversée moi aussi par ce qui se passe dans la relation entre vous et moi. Ce que je perçois en face de vous fait partie du travail. Le travail avance souvent par petits déplacements. On ralentit. On laisse le corps reprendre place.
Car le corps aussi est dans la pièce. Une tension dans les épaules, une respiration qui se retient, une façon de s'asseoir au bord du fauteuil — ça dit quelque chose que les mots n'ont pas encore trouvé. J'écoute ça avec la même attention que ce que vous dites.
Je suis là. Vraiment là. Avec de la curiosité pour ce que vous portez, et sans agenda sur ce que vous devriez en faire — mais la volonté de ne pas vous laisser face à ce que vous vivez, seul·e.
Ce qui m'intéresse, c'est la personne
Alors quand quelqu'un arrive au cabinet et s'assoit en face de moi, je ne me demande pas d'abord ce qui ne va pas. Je me demande comment cette personne s'est organisée pour arriver jusqu'ici. Quelle intelligence elle a déployée pour traverser ce qu'elle a traversé. Ce qu'elle a dû mettre en place, parfois très tôt, pour rester en vie, en lien, en relation — et ce que ça lui coûte encore aujourd'hui.
C'est ça qui m'intéresse. Pas le diagnostic. La personne.
Venir en thérapie est courageux. Pour soi et pour les autres. Je ne l'oublie jamais.
Un espace qui fait abri
Ce courage mérite un cadre à sa hauteur. Confidentialité, régularité, sécurité — pas comme des règles, mais comme des conditions du lien. Et la possibilité de dire non — sur ce qu'on aborde, sur l'intensité, sur le moment — fait partie intégrante de ce qu'on construit ensemble.
La thérapie, dans ma façon de la concevoir, c'est un espace où ce que vous avez vécu a le droit d'exister sans être immédiatement optimisé. Sans qu'on vous suggère de rentrer dans une case ou un objectif à atteindre.
Un endroit qui fait abri, le temps que quelque chose se réorganise.
Un endroit où vous avez le droit d'être qui vous êtes, avec là où vous en êtes.
Et quelqu'un, en face, pour vous voir, vous entendre, rester présent·e avec vous.
Ce que je propose, c'est du temps — et quelqu'un pour l'habiter avec vous. Le temps nécessaire pour que quelque chose puisse se transformer.
Florence Jeux
Si cela résonne pour vous, je reçois à mon cabinet à Paris 11e.
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